Sorties inédites : la VOD a-t-elle trouvé sa place ?

Le monde de la VOD va connaître un événement inédit en France : le direct to VOD. La plate-forme FilmoTV va en effet sortir un film qui n’a connu quasiment aucune autre forme d’exploitation: L’Origine du monde, premier film de Jérôme Enrico (2000) et avec Roschdy Zem, n’est resté en salles que très peu de temps, la faute à une sortie en même temps que l’ouverture du festival de Cannes 2001. Il est ensuite resté dans les tiroirs de Mondo Films jusqu’à maintenant.

L'origine du monde

Bon, assez pour le coup de pub, de toute façon je ne sais pas ce que vaut le film. Mais ce fait est intéressant car il témoigne d’une évolution bien particulière.

A l’heure où les salles sont de plus en plus saturées par les sorties inédites (presque 15 sorties par semaine), les « petits » films, qui se font peu à peu pousser hors des salles obscures, doivent trouver de nouveaux moyens d’atteindre leur public.

Le « direct to VOD » est un outil qui pourra satisfaire à la fois réalisateurs et services de VOD : très peu coûteux, il permet à une plate-forme d’étoffer son catalogue avec de l’inédit, et au réalisateur de se faire connaître en touchant un public de plus en plus large. Le public de province peut également y trouver son compte puisque les sorties de faible envergure se cantonnent souvent à Paris et sa région.

Les premiers films sont-ils à terme condamnés à quitter le grand écran ? Il est certain que de plus en plus, une « sélection naturelle » va s’effectuer, excluant des salles les films qui n’ont pas de distributeur aux épaules assez larges pour s’y imposer.

Le direct to VOD semble donc un bon compromis pour éviter aux jeunes auteurs de rester dans l’anonymat complet. Encore faut-il que les plates-formes jouent le jeu et leur offrent une visibilité au milieu de l’océan des sorties VOD.

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04

09 2009

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  1. Mg #
    1

    Peut être. Encore que du côté distributeur on y trouve son compte, du côté producteur moins (sauf à promouvoir un jeune auteur). Avec le coût d’un film assez élevé (on parle en centaine de milliers, voir quelques millions d’euros), un long métrage coûte cher, et une bonne partie du budget vient du distributeur (monde/france).

    Donc les plates formes VOD sont un moyen peu onéreux et facile d’accès, mais resteront au dernier rang de la distribution de long métrage tant qu’elles n’investiront pas réellement dans les films qu’elles distribuent.. Pour la télévision, c’est l’inverse et la VOD a toute sa place (les séries étant achetées par les chaînes qui peuvent ensuite en disposer comme elles veulent, sur leur antenne ou leur catalogue VOD, comme Lost pour TF1 par exemple).

    Tout ça pour dire que tu n’es pas loin de la vérité, mais pour être efficace une plateforme VOD devra s’efforcer de toucher le plus de monde. Je ne vois pas encore de format international (un peu iTunes?), le plus logique.. Sans doute n’avons nous aujourd’hui qu’une version primaire de ce qui pourrait devenir demain un moyen de diffusion gigantesque..

    • Rom_J #
      2

      Merci pour ces précisions qui éclairent le sujet. J’aurais aimé avoir eu la présence d’esprit de distinguer comme tu viens de le faire distributeurs et chaînes de télé, pour qui les enjeux sont en effet assez différents.

      Je diffère par contre un peu avec toi sur le point de vue international. SI on parle en tout cas de jeunes auteurs qui en sont à leur premier film, le public sera a priori plutôt national, malgré des moyens de diffusion mondiaux. On le voit avec la musique, les jeunes artistes percent d’abord dans leur propre pays même si leur création est disponible mondialement.



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