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Le cinéma français se moque du DVD, et après ?

Je suis récemment tombé sur une série de chiffres assez intéressants concernant le marché du DVD en France et aux États-Unis. On parle beaucoup de la contraction de ce marché et des conséquences que cela peut avoir sur l’industrie cinématographique. S’il y a clairement danger aux États-Unis, le cinéma français a peu à se préoccuper de la baisse des ventes de DVD.

DVDfrUS

Comparaison des sources de revenus des films américains et français

Voici un tableau, tiré d’une étude du Cerna de 2008, qui détaille les différences entre France et États-Unis dans le poids des sources de revenus d’un film. La structure des revenus est certes fondamentalement différente – le cinéma américain s’exporte – , mais ce qui m’intéresse particulièrement est la variation dans le DVD : 2% des revenus d’un film en France, 25% aux US.

D’une façon générale, le cinéma français se moque du DVD et de la baisse des ventes – d’ailleurs, les ventes augmentent, mais c’est l’affaissement du prix moyen du DVD qui fait chuter les recettes – , et se moque tout autant de l’espoir que représente le Blu Ray. Ces inquiétudes reviennent à la Fnac et … aux Majors américaines, dont les films représentent en gros 60% des ventes DVD en France.

On comprend mieux le dynamisme américain concernant la VoD – bouleversement du calendrier des fenêtres de sortie comme l’a annoncé Sony il y a deux jours – et le Blu Ray – fortes baisses de prix à venir – . Si les distributeurs veulent maintenir leurs revenus, ils sont forcés d’avoir de nouvelles idées.

Alors donc en France, nous sommes mieux lotis car moins dépendants de la baisse des ventes DVD. Pendant des années, nous avons été en retard en ne profitant pas de la formidable opportunité que représentait le DVD pour équilibrer les revenus des films français structurellement déficitaires. Nous sommes désormais en avance face au déclin de la galette, reste désormais à trouver les modèles de remplacement.

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11 2009

5 Comments Add Yours ↓

The upper is the most recent comment

  1. Mg #
    1

    C’est marrant, je ne peux m’empêcher de penser que le jour où la technologie sera au point, la VOD et au-delà (avoir tous de petits serveurs virtuels avec notre vidéothèque) exploseront…

    Le format DVD est devenu ultra-populaire, surtout quand on voit le « nouveau » Blu-Ray peiné à entrer dans les foyers. Difficile de ré-investir dans du matériel pour le supporter.. Et c’est vrai qu’en France on ne fait pas trop d’effort pour les sorties DVD. Peut être est ce là le signe d’un système très protectionniste et axé sur les salles (subventionss publiques et apports des chaînes obligatoires, redistribution des recettes…) qui handicapent le reste..?

    On voit de plus en plus des films destinés à la Tv ou autre, connaître une deuxième jeunesse en salles. Il faudrait ensuite revoir leur sortie DVD, et nous offrir de jolis boîtiers pour proposer des produits de qualités. A voir..

    PS: où alors vieille tradition française, on est toujours motivé pour aller dans les salles, et pas rester chez nous devant la Télé??

  2. 2

    Bon ça confirme une discussion que j’ai eu il n’y a pas longtemps avec un ami qui bosse dans l’industrie… aujourd’hui un film ne trouve sa place dans les salles à la seule condition qu’il ait signé un contrat de diffusion TV préalable.
    je comprends mieux pourquoi avec ces chiffres, par contre je suis vraiment étonné par le faible poids des revenus DVD!

  3. 3

    @Niko06 C’est une triste vérité… La création cinématographique est dépendante depuis trop longtemps des chaînes de TV, et cela de plus en plus… La comédie familiale pour le prime time, les chaînes en veulent; les films de genre, trop violent, trop sombre, sans acteurs abonnés aux « Enfants de la Télé », on oublie. Il faudrait se détacher des chaînes… Plus facile à dire qu’à faire. Internet serait le média qui permettrait une nouvelle émergence, un nouvel modèle économique… J’y crois, maintenant, faut attendre que la génération webconnected fasse bouger les choses.

  4. 4

    Étonnantes ces disproportions. Peux-t-on avoir une idée de l’effet « redistribution ». La télévision et le cinéma (même américains) sont contraintes de financer les productions françaises, ces recettes sont-elles dans les colonnes « Pay TV » et « Salle », car auquel cas une partie de la différence est en partie expliquée, et le cinéma français n’a pas grand mérite.

    En effet, je dois payer un film français quand je vais voir Batman, en revanche je ne vais pas pour autant acheter le dvd du film français…

    De même TF1 dépense consciemment, et sous la contrainte législative, des millions d’euros dans des productions françaises dont elle sait qu’elles ne seront pas diffusées. Une fois le film français terminé, et gratuit pour TF1 qui l’a produit, la chaîne préfère tout de même diffuser un truc américain à la place, car c’est ça que veulent les téléspectateurs…

  5. Rom_J #
    5

    Oui, alors il y a deux aspects différents : chaque place de cinéma achetée en France, pour des films américains ou français ou papous ou quoi que ce soit, est soumis à la TSA (environ 10% du prix de la place), argent qui revient au fond de soutien du CNC, qui comme son nom l’indique, soutient la quasi intégralité du cinéma français. Cet argent là n’est pas une recette à proprement parler, puisqu’il intervient dans le « devis » du film, autrement dit il est dépensé pour produire le film. Donc en allant voir Batman tu participes à la production de films français, mais tu n’augmentes pas les revenus de ces films.

    Par contre, les chaînes de télé sont effectivement contraintes de dépenser une certaines somme dans la production cinématographique. Celà dit, on ne parle pas ici des fictions de type « téléfilm » que les chaînes font parfois produire sans diffuser. Lorsque des chaînes investissent dans des films de cinéma pour répondre à leur contrainte législative, c’est dans la grande majorité du temps pour le diffuser.



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